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Les aliments du commerce pour poissons

Auteur : Philippe de Vries

 


TABLE DES MATIERES

 

Introduction

 

1. La production des aliments

 

2. Les nutriments indispensables

 

2.1. La qualité des nutriments

 

2.2. Liste détaillée des nutriments
2.2.1. Les protéines
2.2.2. Les lipides
2.2.3. Les glucides
2.2.3.1. Les glycogènes
2.2.3.2. Les carbohydrates
2.2.3.3. Les hydrates de carbone
2.2.4. Les vitamines
2.2.4.1. La vitamine C
2.2.5. Les minéraux
2.2.6. Exemple A
2.2.7. Exemple B

 

2.3. Autres composants ajoutés à la préparation des aliments
2.3.1. L’eau
2.3.2. Les cendres brutes
2.3.3. Les compléments d’origine végétale
2.3.4. Les graisses et huiles
2.3.5. Les pigments naturels et les colorants
2.3.5.1. Principaux pigments
2.3.6. Les probiotiques

 

3. Les ingrédients de base

 

4. Le mélange des ingrédients
4.1. Le mélangeur
4.2. L’extrusion
4.3. Le séchoir
4.4. L’enrobeur

 

 

Introduction

 

 


Depuis quelques années, nous voyons dans le commerce de plus en plus de marques nous proposant différents aliments pour les poisson de bassin. Chaque marque élabore des formules de préparation adaptées selon les saisons et les besoins des poissons. 
Le choix des aliments peut être compliqué pour certaines personnes. Je vous propose ce dossier afin de vous éclairer sur :
- les méthodes de fabrication
- l’élaboration
- le choix des matières premières
et ceci afin de pouvoir offrir une gamme complète d’alimentation.
Les variétés fabriquées et vendues dans le commerce se présentent sous formes diverses (flocons, sticks, boules…) et de tailles différentes. La taille des aliments distribués doit être adaptée à l’âge et à la taille du poisson.

 


Mais de quoi se composent ces aliments ?

 

 

1. LA PRODUCTION DES ALIMENTS

 

Grâce à la collaboration entre, d’une part, les éleveurs de poissons standards, d’ornement et des koïs et d’autre part des scientifiques, des vétérinaires et des nutritionnistes, les aliments pour koï voient le jour dans le commerce. Mais quel est le processus de production et de fabrication ?
La première étape dans le développement des aliments est la formulation. Ceci signifie que l’on établit une formule ou une recette par laquelle les ingrédients se combinent pour obtenir un produit dont la composition répondra aux besoins nutritionnels du poisson.
Les ingrédients sont les teneurs en protéines, acides aminés, graisses, hydrates de carbone, vitamines, minéraux, oligo-éléments, énergie, etc.
La qualité des ingrédients est le souci essentiel du producteur ou fabricant dans la formulation et la production des aliments. Les techniques de séchage lors du traitement des composants protéines sont à ce titre déterminantes.

 

 

2. LES NUTRIMENTS INDISPENSABLES

 

Les nutriments indispensables sont les protéines, les lipides, les glucides, les vitamines et les sels minéraux.
Ensuite viennent tous les éléments ajoutés à la préparation des aliments tels que l’eau (humidité), les cendres brutes, les pigments naturels et les divers additifs.
Tous ces nutriments sont importants pour la santé, la croissance et la reproduction, mais également afin que le poisson développe une défense immunitaire et sa réserve pour l’hiver.

 

2.1. La qualité des nutriments

 

La variété, en occurrence, la nature des aliments, doit correspondre au régime alimentaire spécifique du poisson et pourvoir également à sa complémentarité.
Chez la plupart des producteurs d’alimentation pour poissons, le souci principal dans la formulation est la qualité des ingrédients.
Les aliments produits au moyen de matières premières de moins bonne qualité présentent une qualité nutritive médiocre et donc exerceront une influence négative sur la condition physique du poisson.
Les ingrédients doivent être soumis à des normes de qualité nutritives strictes. L’aspect biologique comme la digestibilité et la disponibilité des matières premières constituent également des paramètres essentiels.
Très souvent, une nourriture bon marché a une qualité nutritionnelle médiocre (moins de vitamines, d’oligo-éléments,…), ce qui peut rapidement entraîner des problèmes de santé.
Les principaux composants de la nourriture vendue dans le commerce sont les protéines. Il est donc évident que la fraîcheur et les techniques de séchage utilisées par les fabricants lors du traitement des composants primaires sont déterminantes.

 

Quelques petites indications sur la fabrication des aliments
Les problèmes de surpêche ont déjà eu un grand impact sur les ressources. La pêche soumise à des quotas a eu comme répercussion l’incorporation des farines animales et végétales dans l’alimentation du poisson.
La farine est un constituant essentiel dans la composition de l’alimentation.
Bien que l’alimentation doive assurer une croissance optimale en limitant les rejets azotés dans les bassins, un des enjeux a été, dernièrement, le coût des aliments et donc le fait de remplacer la farine de poisson par de la farine animale et des protéines d’origine végétale. Le remplacement partiel de la farine de poisson par des protéines végétales est une réalité. Un des grands problèmes est que les farines végétales sont déséquilibrées en acides aminés essentiels. Les fabricants d’aliments se sont donc retournés vers les farines de poisson et principalement de poissons fourragés des mers froides, peu prisés des consommateurs humains.
Depuis 1996, le CIPA a proscrit les apports de farines d’animaux terrestres. Cette décision fut prise lors de la pandémie dite de « la vache folle ». Celle-ci a conduit les fabricants à se tourner principalement vers un mélange de farine de poisson et d’origine végétale.


2.2.1. Les protéines

 

Les acides aminés sont les constituants élémentaires des protéines. Ils polymérisent en formant des liaisons peptidiques qui aboutissent à de longues chaînes macromoléculaires appelées peptidiques.
Les protéines sont les principaux composants de l’alimentation du poisson. Les protéines sont les fournisseurs d’énergie et participent au développement musculaire. Elles proviennent généralement de la farine de poisson.

farine de poisson

 

Les farines de poisson que l’on trouve dans le commerce présentent souvent d’importantes différences en termes de qualité et de fraîcheur. Ceci constitue un élément très important pour garantir la valeur nutritive de la farine et le traitement du poisson entrant dans sa composition doit avoir lieu aussitôt que possible après la pêche.

 

 

 

 

Schématiquement, on peut dire que les protéines sont constituées d’un assemblage de briques appelées les acides aminés. Ce sont ces briques que le poisson utilise pour réparer, entretenir ou construire (croissance, production sexuelle,..) ses tissus ou organes. Ce sont donc des constituants structurels des organes.

 

Le koï a besoin principalement d’une vingtaine d’acides aminés différents. La moitié d’entre eux est fabriquée par le poisson lui-même en transformant d’autres acides aminés ou en les élaborant à partir d’autres nutriments. L’autre moitié, qui sont les acides aminés essentiels, doivent lui être apportés tels quels.

 

Attention :
Il faut savoir que les acides aminés (constituants structurels des organes) peuvent également, si besoin, être utilisés comme énergie. Dans ce cas ils ne sont plus disponibles en tant que briques puisqu’ils vont être détruits, transformés et consommés rapidement.
A ce stade, c’est du gaspillage. Il faut donc les épargner en donnant une autre source d’énergie plus facilement utilisable par le poisson (lipides et surtout carbohydrates).
Pour une alimentation équilibrée, le poisson a besoin d’un apport en protéines et en énergie mais pas à n’importe quelle proportion.
S’il y a trop peu d’énergie, le poisson va consumer ses acides aminés.
S’il y a trop d’énergie, le poisson risque d’être rassasié avant d’avoir absorbé suffisamment de protéines.
L’excès de protéines (ou de l’un ou l’autre acide aminé) est également nocif. Le poisson va utiliser ce dont il a besoin et brûler le reste en rejetant de l’azote qui polluera le bassin (ce qui génère de l’ammoniaque, des nitrites et des nitrates !)
En effet, le koï n’est pas en mesure de stocker toutes les protéines en excès. Ces protéines seront donc éliminées directement sous forme d’un surplus d’urine et d’ammoniac, ce qui occasionne une pollution de l’eau. Ce danger doit être compris et tenu en compte afin d’éviter des pics de pollution de l’eau car la filtration aura difficile à réguler ce phénomène.

 

2.2.2. Les lipides

 

On les trouve principalement dans le poisson, le soja, l’huile de maïs et en concentration très importante dans les germes de blé.

 

Poisson

Graines de soja

Huile de Mais

Germes de blé


Ce sont des molécules hydrophobes ou amphipathiques principalement constituées de carbone, d’hydrogène et d’oxygène.
Elles servent à fournir les acides gras tels que les triglycérides et les phospholipides, qui sont les composants essentiels des membranes cellulaires.
Les lipides = acides gras = source d’énergie et riche en vitamine E.

 

Les lipides ou acides gras sont le deuxième composant de la nourriture pour poisson

 

Les lipides sont les corps gras (huiles et graisses animales ou graisses végétales) et contrairement aux protéines, une grande partie des lipides va être utilisé pour ses apports en énergie.
Leur qualité est également essentielle car ils sont indispensables pour la structure et le bon fonctionnement de l’organisme.
La quantité des lipides dans l’alimentation doit se situer entre 4 - 10%, parfois plus pour l’alimentation d’hiver à base de germes de blé.

 

Attention :
Une carence en acides gras se traduit par l’érosion des nageoires, par des problèmes hépatiques et cardiaques, par des troubles du métabolisme tels que la dégénérescence graisseuse du foie.
Le danger avec les acides gras est qu’ils s’oxydent rapidement au contact de l’air. Pour le koï, le foie est l’organe chargé d’emmagasiner les lipides. Si la nourriture est périmée ou rance (oxydée), cela peut vite entraîner des maladies internes, voire la mort du poisson. Il est donc fortement conseillé de conserver la nourriture à l’abri de la nourriture et de l’air. A chaque saison, la nourriture devra être renouvelée.

 

2.2.3. Les glucides

Les glucides font partie du troisième composant ajouté à la préparation des aliments

 

 

2.2.3.1. Les glycogènes

 

Le glycogène est une petite chaîne de plusieurs molécules de la famille des glucides qui eux mêmes sont constitués de nombreuses petites unités de glucose.
Le glucose est utilisé lorsque le corps a besoin d’une source d’énergie.

 

2.2.3.2. Les carbohydrates

 

Ces éléments sont les sucres. C’est la source énergétique la plus répandue, qui est principalement d’origine végétale. Les carbohydrates sont utilisés pour épargner la consommation de protéines grâce à l’énergie facilement utilisable qu’ils contiennent.

 


En ajoutant ces carbohydrates dans l’alimentation, le poisson va consommer rapidement et plus facilement ces sucres et donc économiser les protéines.
La quantité de carbohydrates contenue dans l’alimentation n’est pas fondamentale. Lors du contact de la nourriture avec l’eau, celle-ci transforme les sucres peu digestibles, par exemple l’amidon, en sucres plus facilement assimilables pour le poisson.

 

2.2.3.3. Les hydrates de carbone

 

Les hydrates de carbone sont des glucides et donc des sucres. On en trouve dans les céréales sous forme d’amidon dans certains légumes ainsi que dans les fruits et les sucres.

 

Il faut également savoir et comprendre que les sucres sont indispensables aux animaux. Ils les stockent dans leurs tissus sous forme de lipides et de glycogène. Comme pour tous les animaux y compris le poisson, la seule façon de se procurer ces substances consiste à manger des végétaux. Les hydrates de carbone sont transformés en glycogène. Celui-ci est le principal fournisseur d’énergie. En cas de besoin, cette réserve de glycogène est transformée en glucose avec libération d’énergie. La truite, comme beaucoup de poissons, exige une alimentation comprenant 8 à 12% d’hydrates de carbone. Il a été prouvé que des poissons ayant reçu une alimentation riche en hydrates de carbone ont un poids supérieur à ceux qui ne reçoivent que des protéines. Ce poids excédentaire est dû à l’accumulation de graisses à la périphérie des organes; ce qui provoque un danger réel pour le poisson. En mangeant trop d’aliments contenant des hydrates de carbone, nous empêchons l’utilisation par le corps, des lipides, ce qui diminue l’endurance et augmente les stocks de graisse.

 

2.2.4. Les vitamines

 

L’ajout de vitamines, minéraux et oligo-éléments est recommandé afin d’augmenter la résistance aux maladies et au stress. 

 

Les vitamines font partie du quatrième composant ajouté à la préparation des aliments

 

Essentielles dans l’alimentation équilibrée du poisson, les vitamines sont très importantes pour le métabolisme et la croissance de celui-ci. Une carence peut provoquer de graves désordres de l’ensemble du métabolisme interne.
Suivant les proportions de vitamines incorporées dans l’alimentation, celles-ci peuvent poser problème du fait de leur fragilité.
Une partie des vitamines est détruite :
- lors de la fabrication
- durant le stockage
- selon le type d’utilisation des aliments une fois le container ouvert.
Le temps, la température et les conditions de stockage ont une influence sur la durabilité de la qualité de l’alimentation.
Une fois le récipient (container, seau, sachet, …) ouvert, les vitamines s’oxydent au contact de l’air et de la lumière.
Les fabricants n’ont donc pas d’autre possibilité que de surdoser le mélange de départ.

 

Les vitamines se répartissent généralement en deux catégories, (les vitamines liposolubles) et (les vitamines hydrosolubles).
- Les liposolubles se métabolisent lentement et sont emmagasinées dans les graisses.
- Les hydrosolubles s’absorbent facilement et ne sont pas excrétées.

 

Les vitamines liposolubles sont :
- Vitamine A
- Vitamine E
- Vitamine K

 

Les vitamines hydrosolubles (principalement le complexe vitamine B) sont :
- Vitamine C
- Thiamine (B1)
- Riboflavine (B2)
- Acide nicotinique (B3)
- Choline (B4)
- Acide pantothénique (B5)
- Pyridoxine (B6)
- Inositol (B7 + B8)
- Acide folique (B9)
- Cyanoco-balamine (B12)

 

2.2.4.1. La vitamine C

 

La vitamine C, qui est l’antioxydant principal de l’organisme, est essentielle dans le régime alimentaire du koï tant pour la résistance contre les maladies que pour la réparation des tissus.

 


Ce puissant anti-oxydant biologique protège les cellules du corps contre l’action négative des radicaux libres.
L’utilisation d’un nouveau type de vitamine C appelée la vitamine C phosphorilisée donne de meilleurs résultats et est de plus en plus utilisée par les grandes marques. Cette vitamine est stable et résiste au traitement à chaud pendant le processus d’extrusion dans la fabrication et la production d’aliments pour poissons.

 

Lors de plusieurs études réalisées, il a été prouvé que la vitamine est :
- bénéfique pour la croissance
- apporte une résistance au stress
- apporte une résistance aux maladies (empêche, d’une manière importante, les infections bactériennes de se développer rapidement en interne et de s’installer dans les plaies)
- favorise la cicatrisation
- favorise une réserve tissulaire
- favorise une bonne musculation
- détoxique le foie (intéressant en cas d’intoxication aux métaux lourds et en cas d’empoisonnement).


La vitamine C étant un acide ascorbique, elle peut faire varier le pH et le kH de l’eau et doit donc être utilisée avec certaines précautions. Il a été constaté, suite à plusieurs analyses, que la vitamine C n’est pas dangereuse pour le poisson. Elle peut être utilisée quotidiennement dans nos bassins à condition qu’ils soient bien filtrés. Dans les aquariums, bacs de quarantaine ou petits bassins de moins de 1000 litres, il est conseillé d’être parcimonieux.

 

La vitamine C se dégrade rapidement et perd donc de son potentiel au contact de :
- la lumière
- la chaleur
- l’humidité.

 

Taux de vitamines devant être repris dans l’alimentation (indiqué sur l’étiquette) et devant être compris entre :
Vitamine A 7000 et 25000 UI/kg
Vitamine D 1000 et 2500 UI/kg
Vitamine E 80 et 250 mg/kg
Vitamine C 50 et 7000 mg/kg


Le UI = unité internationale

 


2.2.5. Les minéraux

 

Comme le poisson peut prélever une grande partie de ses besoins en minéraux directement dans l’eau du bassin (ceci via leurs branchies), il est très difficile de préciser les besoin réels du poisson. Etant donné leur faible concentration dans l’eau, il est nécessaire d’en rajouter à l’alimentation et ceci à l’état de traces (comme le cuivre, le fer, le manganèse, le zinc et l’iode).

Les minéraux font partie du cinquième composant ajouté à la préparation des aliments

 

Généralement intégrés à la nourriture sous forme de cendres, les minéraux interviennent à concurrence de 12% dans le régime alimentaire du poisson. La composition en minéraux n’est pas toujours clairement indiquée sur les étiquettes, si ce n’est occasionnellement pour le calcium et le phosphore. Ce n’est donc pas un critère de choix lors de l’achat.

Les minéraux ou les sels minéraux contribuent à :
- la construction du squelette
- l’osmorégulation
- la constitution des nerfs
- l’équilibre des échanges gazeux dans le sang.

 

2.2.6. Exemple A

 

D’une marque à l’autre, les mélanges contiennent différents pourcentages de chaque élément dont voici un aperçu général (préparation et composition générale) :

 

25 à 50% de protéines
1 à 7% de matières grasses
10 à 40% d’hydrates de carbone
2 à 8% de cellulose (afin d’activer l’évacuation des matières non digérées)
10 à 22% de minéraux
vitamines (celles du groupe B, C, D, E, H, etc)
oligo-éléments

 


2.2.7. Exemple B

 

Etiquette reprenant l’analyse moyenne brute d’un aliment d’été de bonne qualité :

 

Protéines brutes 33 à 40%
Matière grasse brute 4 à 6%
Cellulose brute env. 4%
Cendres brutes env. 7%
Humidité env. 10%
Vitamine A env. 20000 UI/kg (min 7500)
Vitamine D3 env. 2000 UI/kg (min 500)
Vitamine E min 80 mg/kg
Vitamine C min 500 mg/g (le plus possible)
Vitamine B1, B2, B6, B12, K, PP méthionime, cystéine, oligo-éléments, minéraux…
Spiruline et pigments carotènes

 


2.3. Autres composants ajoutés à la préparation des aliments

 

2.3.1. L’eau

 

Un certain taux d’humidité est introduit dans l’alimentation. En excès, elle empêche la nourriture d’être stockée ou de se conserver. Un manque nuit à la digestion. Elle ne peut dépasser 10%.

 

2.3.2. Les cendres brutes

 

Les cendres brutes sont les résidus de la cuisson. L’alimentation la plus adéquate est celle contenant moins de 10% de cendres brutes.

 

2.3.3. Les compléments d’origine végétale

 

L’utilisation de matières premières végétales requiert le plus souvent un traitement à chaud détruisant les facteurs anti-nutritionnels et rendant l’amidon plus digestible.
En intégrant différentes protéines végétales et des compléments céréaliers dans les aliments, on augmente la valeur nutritive et assure une bonne digestibilité et une teneur élevée en acides aminés essentiels.

 

Protéines végétales

Compléments céréaliers

 

Dans les protéines qui sont ajoutées dans l’alimentation, on trouve généralement 13 à 20 acides aminés essentiels et non essentiels.
Ceci garantit :
- une bonne croissance
- une faculté à se rétablir des blessures et maladies
- une bonne production de spermatozoïdes ou d’ovules.

 

2.3.4. Les graisses et huiles

 

On utilise principalement l’huile de poisson dans l’alimentation car elle est une source d’acides gras oméga 3 (EPA et DHA). Cette huile de poisson constitue la source lipidique principale car ses acides gras essentiels se révèlent être d’une grande importance pour la condition de vie des carpes koï et autres poissons.
D’autres types de graisses comme les huiles végétales et les graisses animales peuvent également être utilisées, mais il reste indispensable d’avoir une quantité minimale d’huile de poisson pour l’apport d’EPA et DHA.

 

Poisson

Traitement du poisson

Huile de poisson pour la consommation


2.3.5. Les pigments naturels et les colorants

 

La nature regorge d’organismes vivants riches en pigments caroténoïdes. La carpe koï en consomme dès la naissance. Après un processus interne, les cellules stockent le pigment.
Ce stock de pigments s’épuise tout au long de la vie du koï et donc même si la couleur de la carpe koï est principalement génétiquement déterminée, l’alimentation joue un rôle crucial dans l’obtention des couleurs du poisson.
Certaines couleurs ne peuvent être produites par le poisson lui-même et donc certains pigments doivent donc être ajoutés à l’alimentation.
L’apport de pigments est ainsi indispensable et est le plus souvent apporté via les krills (source animale) et la spiruline (source végétale).
Les algues spirulines constituent une excellente source de caroténoïdes naturels.
Ce sont des organismes primitifs qui vivent dans l’eau de mer et transforment l’oxygène dilué dans l’eau par photosynthèse.
Attention à ne pas confondre pigments et colorants :
- Les pigments sont des substances assimilées par le cyprin d’ornement (pas par la carpe commune) qui l’utilise notamment pour colorer la peau (en cas de carence en pigments, le koï ne peut développer ses belles couleurs).
- Les colorants ne servent qu’à colorer les aliments dans un but commercial. Ils sont inutiles (et certains néfastes) pour le poisson.
Il faudra donc choisir un aliment riche en pigments (caroténoïdes essentiellement) et idéalement sans colorant (la couleur d’un aliment sans colorant varie en général du jaune au brun).
Les pigments caroténoïdes les plus souvent utilisés et ajoutés à l’aliment sont l’asthaxanthine, la canthaxanthine, la zéaxantine et la rutine. Leur couleur (celle qu’ils donnent au poisson) varie du rouge au jaune suivant le pigment utilisé.

 

Les chanterelles sont colorées de jaune par la canthaxanthine

La coloration rose des crustacés après cuisson est due à l'astaxanthine

La chair de saumon doit également sa couleur rose à l’asataxanthine

  


2.3.5.1. Principaux pigments

 

Les trois principaux pigments naturels utilisés sont la spiruline, le carotène et le krill.

 

La spiruline

 


On la retrouve de plus en plus dans l’alimentation du koï. C’est une algue filamenteuse vert bleu qui est riche et bien équilibrée en éléments essentiels (acides aminés, lipides et carbohydrates). Mais elle est aussi riche en vitamines, minéraux et en pigments.
Elle a la réputation d’améliorer la croissance, la coloration, la fertilité, l’immunité (et donc la santé), la digestion, etc.

 

Attention :
L’excès de spiruline est néfaste notamment pour le foie et serait également responsable de l’Hikkui tant redouté des amateurs de beaux spécimens.
La spiruline fixe et ravive le pigments rouge, mais limite le virage du blanc au rose.

 

La carotène

 


Elle renforce la pigmentation rouge. L’excès risque de faire virer les parties blanches au rose.
Le B-Carotène ne se retrouve pas seulement dans la carotte mais également dans certains fruits et légumes, tels que l’abricot, l’orange, la pèche, le melon, la tomate, les divers choux, le brocoli, la laitue, l’épinard, …. Le B-carotène est la plus connue des provitamines A.
Stockée dans le tissu adipeux, elle est transformée, en cas de besoin en rétinol (vitamine A), en présence de graisses dans la paroi intestinale.
C’est également un anti-oxydant et assure la pigmentation de la peau et protège la peau des rayons ultraviolets.

 

Le krill

 


Le krill est une petite crevette dont la taille varie de 0,6 cm à 10 cm. On le trouve principalement dans les eaux froides de l’Antarctique.
Outre son huile, le krill renferme des protéines et des enzymes qui font l’objet de quelques utilisations industrielles pour l’humain mais également les animaux et les poissons.

 


Il est considéré comme un aliment naturel complet car il comprend tous les acides aminés, des enzymes actives, des protéines, des vitamines, des minéraux, des oligo-éléments, des acides gras essentiels et de l’astaxantine.
Outre la teneur en acides gras oméga-3, l’antioxydant principal de l’huile de krill est l’astaxanthine (qui est un composé de la famille des caroténoides). Cette substance confère aux carapaces des crustacés et à la chair du saumon et de la truite leur coloration rougeâtre typique.
Voilà un survol des ingrédients se trouvant dans les aliments pour poissons. Il faut également savoir que la nutrition est une science complexe qui laisse encore de nombreuses zones d’ombre en ce qui concerne les besoins de nos poissons.

 

2.3.6. Les probiotiques

 

Les probiotiques sont des préparations microbiennes vivantes utilisées comme additifs alimentaires. Les souches utilisées doivent être résistantes à l’acidité gastrique et à la bile.
Ces souches sont alimentaires et donc agissent sur la muqueuse intestinale et la flore ou mieux la microflore.
Ce sont principalement des bactéries ou des levures ajoutées comme complément. Ils favorisent la digestion des fibres et sont bénéfiques pour la santé mais tout dépendra toujours de l’état de santé de l’hôte ou dans quel environnement il évolue ou encore de son alimentation habituelle.
Les probiotiques sont de plus en plus retenus comme ajouts importants dans l’alimentation. Ils ont pour but d’augmenter les défenses naturelles et ainsi de diminuer l’usage des antibiotiques dans les élevages et dans nos bassins.
Limiter les recours aux antibiotiques est devenue une priorité majeure pour la santé et l’environnement. Ainsi plusieurs pays s’y attardent dans leurs recherches.
L’Ifremer en partenariat avec l’INRA sont parmi les premiers à réaliser des recherches sur les poissons, les mollusques et les crevettes.
Les résultats obtenus en laboratoire, ensuite en pisciculture expérimentale, montrent que les probiotiques peuvent se substituer avantageusement aux antibiotiques dans certains cas, ce qui devrait permettre une application industrielle rapide.
C’est de là qu’ont débuté les études sur les probiotiques vivants et lyophilisés.
Ainsi on commence, depuis peu, à en trouver dans certains aliments pour poissons.
Les études ont démontré qu’afin que les probiotiques soient bénéfiques, le taux d’humidité relative résiduelle doit être de moins de 4%. De plus, lors de l’évaluation des probiotiques, il est nécessaire de déterminer leur résistance aux effets des sels pancréatiques et biliaires.
Suite de cet article sur les probiotiques sur le forum
http://www.aquajardin.net/forum/sutra73258.htm

 

Extraction des pigments - Expérience
Les chlorophylles et les caroténoïdes sont solubles dans des solvants organiques et peuvent donc être séparées à l'aide de solvants ou de mélanges de solvants des lipides. Ces molécules sont dites liposolubles.

 

 


3. INGREDIENTS DE BASE

 

Tous les nutriments repris ci-dessus se retrouvent dans les ingrédients de base.

 


Dans les tableaux se trouvant sur les étiquettes des aliments, l’ordre dans lequel les ingrédients sont énumérés n’est pas lié au hasard. Ils sont listés selon leur quantité dans l’alimentation. L’ingrédient qui se trouve dans la plus grande proportion y est inscrit en début de liste.
Ci-dessous une étude réalisée sur le pourcentage en protéines, lipides et énergie de quelques ingrédients faisant partie de la composition de nourritures pour carpe koï.

 

Protéines

Lipides

Energie

Ingrédients

(%)

(%)

(kcal/g)

Farine de poisson blanc

62

11

4,5

Concentré de protéines de poisson

80

0,3

4,3

Farine de blé

18

6

4,1

Levure de brasserie déshydratée

45

0,4

4,3

Germe de soja (dégraissé)

25

1,8

4,1

  
Les ingrédients de base se retrouvent toujours en début de liste car ils forment la base de la recette. On les retrouve crus, sous forme de farine, d’huile de graisse, de concentrés…
Ce sont :
- les produits animaux : poisson ou crevette (il faut proscrire la viande et la volaille)

 

Poisson

Crevette


- les produits végétaux : principalement céréaliers, tels que le blé, le maïs, le soja, la luzerne…

 

Blé

Orge

Maïs

Soja

 

Luzerne


    
- les levures (généralement des restes de brasserie)

 

Levure de bière


Une alimentation à base de germes de blé ou végétarienne doit être réservée aux périodes froides, car les céréales, riches en carbohydrates, sont de bons fournisseurs d’énergie mais moins bon pourvoyeurs d’éléments structurels de bonne qualité (un poisson trouvera des briques dans une proportion plus adéquate dans une protéine de poisson que dans une protéine végétale).

 

 

4. LE MELANGE DES INGREDIENTS

 

Une fois la formule définie par les nutritionnistes et les différentes matières premières sélectionnées définies, on place les ingrédients dans un mélangeur.

 

4.1. Le mélangeur

 

Tous les produits y sont mélangés pour arriver à un produit brut homogène.
Le mélange est ensuite moulu jusqu’à l’obtention d’une farine suffisamment fine.

 


La farine obtenue est contrôlée en laboratoire.

 

4.2. L’extrusion

 

Pratiquement tous les fabricants d’alimentation pour poisson utilisent le procédé par extrusion.
L’extrusion est un procédé de fabrication thermo-mécanique par lequel un matériau compressé est contraint de traverser une filière. Cette filière comprend une longue vis. Elle forme et transporte un matériau qui va traverser cette vis pour en sortir en un /des longs tube(s).
Le processus d’extrusion se divise en deux phases :
1 – la phase de pré-conditionnement
2 – la phase d’extrusion.

La phase de pré-conditionnement se déroule dans un mélangeur juste devant l’extrudeur.
On ajoute en moyenne de 15 à 20% d’humidité par injection de vapeur et ainsi avoir une température sous contrôle de 60 à 80°C dans le mélangeur.
La bouillie d’aliments y est ensuite pétrie jusqu’à l’obtention d’une pâte homogène prête pour l’extrusion.

 


Une fois dans l’extrudeur, la pâte est soumise à plusieurs transformations successives (pressions et températures plus fortes). La vis entraîne donc cette pâte vers l’extrémité de l’extrudeur où se trouve une plaque de métal appelée une matrice.

 


Matrice à multiples trous

 

La matrice est une plaque présentant plusieurs ouvertures à travers desquelles la masse d’aliments bouillante est comprimée. La grosseur et la forme de ces ouvertures déterminent la forme et le diamètre du produit sortant.
A ce stade, un couteau rotatif coupe les cylindres de produit à la dimension voulue.
La densité des granulés constitue un paramètre très important que l’on doit contrôler très attentivement. C’est en effet la densité des granulés qui détermine si les aliments vont flotter, couler ou bien rester en suspension dans l’eau.

 

4.3. Le séchoir

 

Quand le produit sort de l’extrudeur, il présente un taux d’humidité de 20%. Ce taux est trop élevé pour que le produit soit directement emballé. Il faut sécher le produit afin d’éviter son pourrissement. Cette opération se déroule dans le séchoir. A l’intérieur de celui-ci, de l’air chaud est envoyé sur le produit durant un temps défini afin d’atteindre un maximum de 9 à 10% d’humidité à la sortie. Cette opération est contrôlée à chaque étape.

 


Séchoir

 

4.4. L’enrobeur

 

La plupart des huiles et des graisses des aliments pour poisson sont ajoutées après l’extrusion.
Pour ce faire, on vaporise la graisse sur les granulés après le passage dans le séchoir. Cette nouvelle technique permet d’enrober de bien plus grandes quantités de graisses et de faire pénétrer la graisse beaucoup plus profondément dans le granulé. Cela rend l’aspect des granulés moins gras et salit moins l’eau du bassin.

 


Enrobeur

 

L’enrobeur est un container placé sous vide. Il se compose d’un système fermé contenant des hélices mélangeuses et d’un système de vaporisation situé dans la partie supérieure.
Ensuite, c’est dans le refroidisseur que les granulés sont acheminés. Cet appareil a pour but de refroidir le mélange afin d’arriver à température ambiante. Une fois suffisamment refroidis, les granulés sont emballés aussi vite que possible afin de conserver le maximum de leur qualité nutritive.
Et voila, les granulés, flocons ou sticks se retrouvent emballés dans les rayons des divers commerces.

 


Voir la suite de ce dossier : l’alimentation de la carpe koi

 

Merci à et source Internet
- Carla Tiso et Valérie Lorent pour la correction et la mise en page
- Dr Guy Werquin, vétérinaire- nutritionniste
- Dr Jacobs vétérinaire
- Dr G. Schmidt Nature Elsevier
- Centre de recherche sur les biotechnologies marines de Rimouski
- Portail- vétérinaire et nutritionniste
- Divers piscicultures
- Divers laboratoire de Belgique, France, Suisse et Suède.
- ASIA association pour les ingrédients santé en alimentation

 

 

 

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